Dans un projet de direction artistique complète, il n’existe pas d’espaces secondaires. C’est une conviction qui guide chaque décision sur le projet Vanguart — et elle se vérifie jusque dans les sanitaires accessibles aux personnes à mobilité réduite. Un WC PMR dans une manufacture horlogère de très haut de gamme : le défi est précisément là. Répondre à des exigences réglementaires précises, sans que cet espace ne devienne une rupture dans l’univers futuriste imaginé pour l’ensemble du bâtiment.
La réglementation suisse : un cadre différent, une adaptation nécessaire
Travailler en Suisse implique de composer avec un cadre réglementaire propre, différent des normes françaises en matière d’accessibilité et de sécurité. Dimensions, dégagements, espaces de rotation, implantation des équipements — tout doit être étudié avec précision pour répondre aux exigences des commissions compétentes.
Plutôt que de traiter ces contraintes comme des corrections à apporter une fois le projet dessiné, je préfère les intégrer directement dans la conception. C’est la seule manière de conserver une cohérence globale et d’éviter les compromis esthétiques de dernière minute — ces ajustements tardifs qui, dans un projet aussi exigeant que Vanguart, peuvent compromettre des semaines de travail.
Un WC PMR qui appartient au projet
Le point de départ de la réflexion était simple : je ne voulais pas que cet espace ressemble à un sanitaire standard simplement mis aux normes. Je voulais qu’il appartienne au projet — qu’on y retrouve les mêmes lignes, les mêmes matières, les mêmes finitions que dans le reste de la manufacture.
L’univers futuriste de Vanguart ne pouvait pas s’arrêter à la porte des sanitaires. Les équipements nécessaires à l’accessibilité devaient être intégrés à l’architecture, et non la subir. C’est toute la différence entre un espace accessible qui respecte les normes et un espace accessible qui respecte aussi le projet.
Le détail comme outil d’intégration
Obtenir ce résultat demande une attention particulière à chaque élément. L’implantation du mobilier, les volumes, les revêtements, les équipements — tout doit fonctionner ensemble pour conserver une lecture architecturale fluide, malgré les contraintes dimensionnelles imposées par la réglementation.
Un équipement peut être parfaitement conforme et pourtant mal intégré visuellement. Mon travail, sur ce type d’espace comme sur les autres, consiste à trouver des solutions qui répondent simultanément aux exigences fonctionnelles et esthétiques — sans jamais sacrifier l’une pour l’autre.
La qualité se mesure aussi à ce qu’on ne voit pas au premier regard
Ce projet Vanguart illustre une conviction fondamentale dans mon approche de la direction artistique : le niveau d’exigence doit être identique dans tous les espaces, qu’il s’agisse d’une salle de présentation VIP, d’une rampe d’accès PMR ou de sanitaires accessibles. Tous participent à l’expérience globale du bâtiment.
La qualité d’un projet se mesure aussi à ce qui n’est pas immédiatement visible — les dimensions justes, les circulations pensées, les contraintes techniques absorbées par l’architecture. C’est souvent là, dans ces espaces qu’on considère parfois comme secondaires, que se révèle la vraie rigueur d’une conception.
Architecture intérieure et accessibilité : ne jamais les opposer
Ce travail d’adaptation au cadre suisse a demandé de reprendre certains éléments, de remettre en question des premières intentions, de trouver des réponses plus justes. C’est aussi ce qui fait la richesse du métier — cette capacité à faire évoluer un dessin sans perdre l’identité du projet.
Pour Vanguart, l’objectif reste le même dans chaque espace : une architecture intérieure futuriste, exigeante et haut de gamme, jusque dans les éléments les plus fonctionnels. Un espace accessible peut être aussi beau, aussi travaillé et aussi qualitatif que n’importe quel autre espace du projet. C’est cette conviction qui a guidé la conception de ce WC PMR — et qui guidera chaque étape à venir.







