Dans un projet de direction artistique aussi ambitieux que celui de Vanguart, chaque élément compte — y compris, et peut-être surtout, ceux qu’on n’a pas choisis. La rampe d’accès PMR en est l’exemple parfait : une contrainte réglementaire imposée, qui aurait pu rester un ajout fonctionnel visible et maladroit. Elle est devenue, dans ce projet, l’une des expressions les plus abouties d’une conviction centrale — l’accessibilité fait partie de l’architecture, pas de ses exceptions.
Ne pas cacher la contrainte : la faire disparaître dans le projet
Il existe deux manières de traiter une rampe PMR dans un espace de prestige. La première consiste à la dissimuler du mieux possible, à en minimiser l’impact visuel. La seconde — celle retenue pour Vanguart — consiste à l’intégrer si profondément dans le projet qu’elle semble en avoir toujours fait partie.
Ses lignes, ses proportions, ses matériaux ont été pensés en cohérence totale avec le reste de l’architecture. Le visiteur ne la perçoit pas comme un élément rapporté. Elle appartient au bâtiment — comme chaque courbe, chaque surface, chaque volume. C’est cette recherche d’intégrité architecturale qui guide la direction artistique de Vanguart jusque dans ses détails les plus fonctionnels.
Une ligne qui prolonge le mouvement futuriste
Le langage architectural de Vanguart repose sur des formes organiques, des lignes fluides, une esthétique sculpturale inspirée notamment du travail de Zaha Hadid. La rampe reprend naturellement ce vocabulaire. Elle accompagne le mouvement du visiteur, prolonge les formes imaginées pour le lieu, et crée une ligne architecturale qui traverse l’espace plutôt qu’un simple cheminement d’un point à un autre.
Une rampe qui devient une courbe. Un dispositif fonctionnel qui devient un geste architectural.
Le dialogue entre carrelage italien et Corian
Le choix des matériaux joue un rôle déterminant dans cette intégration. L’association d’un carrelage italien haut de gamme et de Corian permet de travailler des surfaces continues et des formes précises qui donnent à la rampe une impression presque monolithique — comme si elle émergeait directement du sol plutôt que d’être posée dessus.
Le carrelage apporte richesse et profondeur. Le Corian prolonge les lignes et crée cette continuité visuelle recherchée. Ensemble, ils construisent une surface qui dialogue avec le reste du projet tout en portant sa propre identité matérielle.
Un mobilier en lévitation au-dessus du cheminement
Pour accentuer la dimension futuriste de l’ensemble, un élément de mobilier suspendu vient prendre place au-dessus de la rampe — pensé pour sembler littéralement flotter dans l’espace. Au sol, une matière continue et organique. Au-dessus, un volume qui semble défier la gravité.
Cette superposition crée une perspective scénographique forte et renforce le sentiment d’évoluer dans un environnement conçu jusqu’à son dernier détail — un espace où même la circulation devient une expérience.
L’accessibilité comme critère de conception, pas comme contrainte
Ce projet illustre une approche que nous défendons sur l’ensemble de nos réalisations : l’accessibilité doit être pensée dès les premières esquisses, au même titre que les circulations, les volumes ou les matériaux. Quand elle est intégrée en amont, elle enrichit le projet. Quand elle est ajoutée après coup, elle le contraint.
Chez Vanguart, la rampe PMR ne modifie pas l’identité du lieu — elle participe à sa construction. C’est peut-être l’une des réussites les plus discrètes — et les plus significatives — de cette direction artistique pour manufacture horlogère de luxe.







